Contre une promesse à venir, un royaume à tenir

Raccourcis Pictos (YaKaLire)

Le premier roman de Lenka Horňáková-Civade, Giboulées de soleil, avait beaucoup plu (retrouvez l’article Coup d’cœur ici) et avait reçu le Prix Renaudot des lycéens en 2016.

"Des doigts de fée, les yeux d’une tigresse, les traits d’une sainte, le port d’une reine, le regard d’un général, le sourire d’une amie, le parfum du paradis."

 

OPAC Détail de notice

Une verrière sous le ciel  de Lenka Horňáková-Civade

C’est pile le jour de ses 18 ans lorsqu’Ana refuse de monter dans le train qui doit la ramener en Tchécoslovaquie après une colonie de vacances organisée par le « parti frère ». Elle erre alors dans Paris et rencontre Grofka qui, 20 ans avant elle, avait fui le même pays. Elle la prend sous son aile et Anna trouve refuge au café de Bernard, entourée de personnages extravagants qui apporteront tous leur contribution à sa quête initiatique.

Animal craintif au début, Ana observe son nouveau monde en silence. Elle scrute d’un œil nouveau tout ce qui l’entoure et tente de le concilier avec son passé. Les souvenirs de son pays natal sont nombreux, la mélancolie omniprésente, ils nous aident à mieux comprendre la complexe Ana qui appréhende les difficultés de l’exil.

Elle réfléchit beaucoup à propos de la liberté. En 1988, à l’aube de la chute du bloc soviétique, les citoyens sont-ils plus libres à Paris qu’à Prague ? Leurs rêves et désirs sont-ils plus accessibles ?

 

« Si tout était liberté, on la perdrait. Le chaos n’est pas la liberté, mais la possibilité d’en avoir une. »

 

A travers le personage de Grofka, son mentor aux absences répétées, nous nous interrogeons sur la beauté et la difficulté à vieillir. J’ai particulièrement apprécié les nombreuses références à l’art et à la littérature des deux pays.

 

« A Prague je récitais Apollinaire, comme une ode au départ. A Paris, c’est Karel Hynek Mácha, comme une prière au retour. »

 

Enfin, l’autrice manie l’art de retourner ce que l’on tenait pour acquis depuis le début de la lecture, notamment la relation d’Ana avec ses parents.

Une verrière sous le ciel  est un deuxième roman réussi ! L’écriture est plus calme, moins passionnée mais les mots sont choisis et utilisés avec plus de sagesse et de vérité.

 

Bonne lecture ! 

Fiona

 

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