Le réalisateur japonais nous offre depuis 1995 des films sensibles traitant le plus souvent de la famille : familles divorcées, recomposées, monoparentales... I wish racontait par exemple l'histoire de deux frères séparés suite au divorce de leurs parents, qui rêvent de se retrouver grâce à un train.
Une affaire de famille évoquait le sujet délicat de la maltraitance des enfants, tandis que Notre petite soeur, adapté d'un manga, mettait en avant une famille recomposée. L'innocence son dernier opus est un film à couper le souffle, non par un enchaînement de rebondissements et de cascades, mais par sa beauté, sa subtilité, sa poésie. Minato, 11 ans, inquiète sa mère qui l'élève seule. Il se pose des questions étranges, semble avoir des idées noires, perd une chaussure.Est-il victime de harcèlement à l'école ?
Dans ce film à la réalisation bluffante, Kore-eda aborde les thèmes de l'amitié, de la différence, de la culpabilité. Le cinéaste distille des indices, nous montre des scènes d'après différents points de vue. On a le sentiment de mieux comprendre l'histoire, tout en se posant toujours la question : est-ce vraiment cela qui s'est passé ?
La complicité entre les enfants, les personnages touchants (en particulier de la mère et du professeur) nous font passer d'une émotion à une autre.Ce film s'avère aussi parfois déroutant : des scènes qui pourraient paraître incongrues sorties du contexte en disent au final tellement qu'on est proprement fasciné. Mais au-delà des apparences, qui a conservé son innocence ?
Ne passez pas à côté de l'oeuvre d'Hirokazu Kore-eda !