C’est un pan de l’Histoire qui s’est éteint. L’ancien ministre de la Justice, juriste et avocat, connu pour son combat contre la peine de mort, Robert Badinter est décédé le 9 février à l’âge de 95 ans.
C’est Robert Badinter qui, garde des Sceaux en 1981 sous la présidence de François Mitterrand, avait défendu devant le Parlement, et dans un vibrant discours, le 17 septembre, l’abolition de la peine capitale en France.
25 ans plus tard, le 19 février 2007, l’abolition est inscrite dans la Constitution par le Parlement réuni en Congrès à Versailles.
Il a défendu des personnalités, des grands noms de la presse ou de l’entreprise, et a plaidé occasionnellement aux assises. Parmi les affaires emblématiques de sa carrière d’avocat, la défense de Patrick Henry, ou celle du tennisman Jimmy Connors.
Il obtient également de la Bolivie l’extradition de Klaus Barbie, l’ancien chef de la Gestapo à Lyon. Reconnu coupable de crimes contre l’humanité, Barbie sera condamné en 1987 à la prison à perpétuité.
C’est aussi lui qui soutiendra en 1982 la dépénalisation de l’homosexualité.
Robert Badinter, qui a toujours rejeté la « haine justicière », soutiendra en 2001 la libération pour raison d’âge de l’ancien préfet de police et ministre Maurice Papon, 90 ans, condamné pour complicité de crimes contre l’humanité.
Président du Conseil constitutionnel entre 1986 et 1995, Robert Badinter fut également sénateur des Hauts-de-Seine. Il était l’époux d’Élisabeth Badinter avec qui il a eu trois enfants.
Retrouvez ici une sélection lui rendant hommage :