L’Arpet (Association des Retraités, Préretraités et Eloignés du Travail) se réunit toutes les 6 semaines autour de ses lectures.
Ses membres ont lu, apprécié ou non l'auteur Metin Arditi, ils vous conseillent quelques romans.
Metin Arditi est né en 1945, il est un écrivain suisse d’origine turque.
Juliette dans son bain
Ronald Kandiotis est un richissime homme d’affaires, généreux, humain, mécène, admiré et respecté. Quelques jours avant une lourde opération cardiaque, il accepte une interview à la télévision à propos du don de ces deux tableaux au Musée d’Art du XXème siècle. Mais, au même moment, sa fille, adolescente de 17 ans, est kidnappée.
Désormais, Kandiotis va rester sous le feu des projecteurs jusqu’à la fin du roman et se consumer à petit feu. On assiste, en effet, à son déclin : physique, moral, social. A l’admiration quasi unanime du public vont succéder le doute, les soupçons, l’opprobre.
Les ravisseurs, loin de demander une rançon en argent, envoient, chaque semaine, à la police chargée de l’enquête, un texte décrivant, faits à l’appui, un Kandiotis manipulateur, calculateur, prêt à trahir, même ses proches, pour bâtir sa fortune. Ils exigent que l’homme d’affaires reconnaisse les faits en apposant sa signature au bas des textes qui devront alors être publiés dans les journaux nationaux.
C’est un roman qui se lit très facilement, qui tient en haleine.
Loin des bras
L'auteur nous offre une fresque de personnages qui ont, pour point commun, un sentiment d'abandon et de solitude. Les élèves, tout d'abord, issus de riches familles, sont privés de l'affection d'un père et d'une mère qu'ils voient, pour certains, une ou deux fois par an. Dans ces conditions, le pensionnat est leur seule famille. Quant aux professeurs, ils traînent, pour la plupart, une histoire lourde qu'ils sont parfois obligés de cacher pour faire bonne figure. Ils sont souvent aux antipodes idéologiques les uns des autres. La Seconde Guerre mondiale n'est pas très loin et elle a laissé des traces. Chacun est à la recherche de compréhension et de chaleur humaine. Ils vont se retrouver poussés dans leur dernier retranchement lorsque Mme Alderson leur annonce qu'elle souhaite vendre son école et que le repreneur, un américain, ne gardera peut-être pas tous les professeurs.
Un livre intéressant qui se perd parfois dans les histoires de chaque protagoniste mais la plume de Metin Arditi est tellement agréable à lire que l’on se laisse entraîner en Turquie, aux USA ou en France et on prend plaisir à connaître le passé de chacun et à comprendre ce qui l'a mené à se réfugier dans cette école. On a comme l'impression que tout le monde vivait en dehors du temps dans ce pensionnat et que sa vente les ramène à la réalité en les obligeant à plonger dans leur passé.
La fille des Louganis
Une histoire qui parle de sentiments forts. Vraiment un très bon moment de lecture. On s'identifie très vite au personnage de Pavlina qui doit faire face aux difficultés de la vie. C'est un roman plein d'espoir aussi qui traite de l'amour, de l'amitié et de l'attachement aux autres.
L’enfant qui mesurait le monde
Eliot et Yannis vivent sur une île au large du Péloponnèse. Cela pourrait être le paradis sur terre. Mais Kalamaki n’échappe pas à la terrible crise que subit la Grèce du fait de son entrée dans « la maison du diable », c’est-à-dire l’euro.
Voilà qu’une occasion se présente aux habitants de Kalamaki pour sortir de l’ornière. Un promoteur immobilier leur propose de construire un monumental centre de vacances près de la crique Saint-Séraphin. Mais faut-il accepter de couler le paysage dans le béton, dissoudre les solidarités entre îliens dans le bain acide du tourisme international ? Il y aurait pourtant une alternative : le projet qui fut imaginé par la fille d’Eliot, une sorte de phalanstère où une trentaine d’étudiants venus d’Europe viendraient pratiquer la philosophie, le théâtre et le sport.
Le turquetto
Ce fils surdoué en dessin, s'exile très jeune à Venise, sous une autre identité, car les lois sacrées des juifs et des musulmans lui interdisent la représentation. Il fréquente des ateliers d'art pour parfaire et pratiquer son art, où il trouve une grande notoriété.
Metin Arditi dépeint à plaisir le foisonnement de Constantinople, les révoltes du jeune garçon avide de réussite. Rythmé, coloré, tout en tableaux miniatures, ce roman convoque les thèmes de la filiation.
C’est également un coup d’cœur de bibliothécaire !
La confrérie des moines volants
La première se passe en Russie, en 1937, à l'époque où le régime soviétique détruit, pille ou vend à l'étranger les trésors de l’église russe et où les milices de commissariat du peuple aux affaires intérieures exécute plus de deux cent mille prêtres, moines et moniales. Nikodime Kirilenko rassemble une petite communauté de moines vagabonds, la confrérie des moines volants, dont le but est de sauver les ruines, les icônes, tableaux et reliques.
Deuxième partie, en 2000. Matthias, au décès de son père, découvre que sa grand-mère venait de Russie, il hérite d'un cahier. Il se rend à Saint Pétersbourg et à l'aide du cahier, apprend la cachette du trésor récupéré par Nikodime.
L'histoire est originale, bien écrite, mais parfois morbide sur la vie intime du moine Nikodime.
Retrouvez les conseils de lecture de l'Arpet pour les romancières du Maghreb, Laurent Mauvignier, Alice Munro, la littérature polonaise, Gérard Mordillat et Delphine de Vigan.